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La notion d’attachement dans l’adoption d’un chien.

Le chien familier est un animal doué d’une capacité d’attachement exceptionnelle. Sur ce point, on peut dire qu’il y a une ressemblance évidente avec l’Homme.

Dans les sciences qui étudient l’attachement, la frontière est encore floue avec cet autre mécanisme primordial pour la cohabitation de deux espèces : l’imprégnation.

Ce qui est sûr, c’est que la mère, en assurant les soins à ses petits dès la naissance, est le premier « objet d’attachement » chez le chien (comme chez l’homme). D’ailleurs, sans attachement, le petit dépérirait puis mourrait. L’absence prolongée de la chienne, entraîne la détresse physique et psychologique du chiot.

Là, est le commencement de l’attachement réciproque. Notons que tout ceci est inné chez la mère et chez le chiot, donc ne nécessite aucun apprentissage. Et s’il s’agit là des premiers contacts directs entre le chiot et son environnement, ayons à l’esprit que, déjà in utero, le fœtus perçoit une partie du monde et ceux qui le peuplent. Une partie des sens et du cerveau fonctionne et « se prépare ».

Le processus de domestication, (débuté il y a 14000 ans tout de même !), par les modifications physiques et comportementales qu’il provoque, donne de manière innée au chien familier, la capacité d’apprendre, s’adapter et s’attacher pratiquement toute sa vie (contrairement au loup par exemple). Cependant, le traumatisme de l’abandon, est un apprentissage, qui dans ce domaine, peut rendre impossible l’attachement ou en provoquer les troubles : hyper-attachement par exemple. C’est là un point important pour un refuge qui travaille à l’adoption des chiens.

Mais nous parlons avant tout ici d’une relation. Aussi, faut-il également envisager l’attachement chez l’adoptant, le maître. Parfois, certaines raisons invoquées pour d'adoption, doivent mettre la puce à l'oreille et inciter les animaliers d’un refuge à cerner ce qui pourrait nuire à l’attachement : par exemple, le "chien cadeau d'anniversaire"ou le "chien surprise" engendrent souvent des troubles de l'attachement chez celui qui reçoit le « cadeau » (d'autant plus si il s'agit d'un chien adulte). L'idéalisation d'une race en particulier est aussi un facteur de déception : attendre un comportement typique, des caractéristiques physiques relevant de l’hyper-type ou d'un modèle idéal (chien d'expo, de catalogue, de roman, de film...). La recherche du "chien perdu ou mort récemment", est aussi facteur de comparaison, de déception et d'intolérance des différences (forcément présentes !). Ici la ressemblance physique engendre la confusion.

Par ailleurs, on ne peut évoquer l’étape développementale de l’attachement sans parler de celle du détachement. Tout aussi instinctivement, la chienne permet, au bon moment, à ses chiots d’acquérir leur autonomie par le détachement ; et cela ne se fait pas sans rudesse, si on l’observe d’un point de vue humain ! Si l’attachement est immédiat, le détachement prend du temps.

Là aussi, un chien ayant été abandonné, séjourné en refuge (si accueillant soit-il) et enfin adopté, sera très souvent enclin à tisser des liens très forts, très exclusifs avec ses maîtres et bien souvent avec une personne en particulier. C’est aussi fréquent avec un chien acquis à 8 semaines dans un élevage. Et si ce syndrome est nécessaire au commencement de la relation, cela pose souvent ensuite des problèmes, si ce n’est pas connu et géré convenablement : Anxiété de solitude, destructions, malpropretés, auto-mutilations… Certes « un chien de compagnie » a besoin de son « humain de compagnie ». Mais pour son bien, il faut pourtant pratiquer ce détachement… avec nos « imparfaits moyens d’humains ».

Pour finir, il ne faut pas oublier que c’est aussi l’attachement qui permet un conditionnement (un dressage) efficace. C’est ce lien qui donne à la récompense toute sa valeur, et à la punition tout son poids.